
Axonométrie du quartier de la Grâce de Dieu à Caen Dans une vision globale, le projet propose de retisser des liens entre nature et architecture.
© La Soda/EBA
Programmer avec le milieu
Les Grands Ensembles ont ceci de commun qu'ils conjuguent en un seul geste pensé comme définitif, architecture et urbanisme. Les politiques de l'ANRU des quinze dernières années, dans leur ambition d'infléchir la radicalité du propos moderne, n'ont pas réussi à donner partout sur le territoire, le cap d'un projet urbain clair. Pour l’équipe lauréate emmenée par La Soda, “rénover l'immeuble Langevin à la Grâce de Dieu, c'est l'occasion de restaurer une forme de modernité endormie, en associant architecture et nature”.
Au-delà d’une simple planification spatiale, l’idée du projet développée est de programmer le sol avec les conditions physiques du milieu : nature du sol et du sous-sol, faune et flore indigène, climat normand d'aujourd'hui et de demain. Ce sol doit participer à la ville en retrouvant un lien écosystémique avec l'architecture habitée. Le projet propose ainsi que le Langevin et ses abords deviennent une petite polarité périphérique anticipée, faisant cohabiter la vie locale et des pratiques d'agglomération. Il se veut être une extension végétale de la centralité existante, tout en révélant les qualités existantes plutôt que de les effacer, à travers des démolitions sélectives.