Bien avant que les enjeux de sobriété énergétique, de biodiversité et de réduction des produits phytosanitaires ne deviennent des priorités nationales, le Département de la Dorgogne a engagé une transformation profonde de ses pratiques d’entretien sur les 5 000 kilomètres de routes départementales. À l’origine de cette (r)évolution, un constat : les pratiques classiques d’entretien (fauchage intensif, interventions systématiques, usage d’herbicides) présentaient de nombreuses contraintes. “Elles mobilisaient des moyens humains importants avec des interventions chronophages et une consommation associée de ressources (carburant, matériel, produits). Pour donner un ordre de grandeur, l’intervention d’une machine sur 5 000 km de route représente entre 350 000 et 400 000 euros. L’optimisation des interventions représentait donc un enjeu économique majeur”, introduit Thierry Charmarty, directeur adjoint du pôle Paysage et Espaces verts.
Mais l’enjeu était aussi sécuritaire : cette gestion occasionnait une présence accrue des agents en bord de route, les exposant davantage au trafic.
“Enfin, nous ne mesurions pas forcément l’impact au début, mais cela représente tout de même 4 500 hectares de dépendances vertes routières. C’est considérable, compte tenu de tous les services écosystémiques (limiter l’érosion, infiltrer les eaux pluviales, protéger les zones refuges…) qu’elles peuvent rendre dès lors que les dynamiques naturelles sont favorisées”, poursuit le directeur.